Le rat majeur

Le rat majeur
Un rat a atteint ses 18 ans. Il peut donc se battre pour être le chef.
Il s'appelle Mekih Voualah.
Le lendemain de ses 18 ans, il attaque le vieux Schnoque, chef de meute, encore bien alerte pour ses 73 ans.
Mekih se ramasse une pelle, ch'te dis pas. Le jeu de jambes, toujours le jeu de jambes... Schnoque est devenu chef grâce à cela.
Mekih Voualah n'a pas dit son dernier mot. Il se rend chez Mara Thon, la plus vilaine des rates de la meute, mais aussi la meilleure entraîneuse à la bagarre de rats.
Mara Thon accepta d'entraîner Mekih, qui bien vite s'améliora. Il tomba même amoureux de Mara, c'est le transfert selon Freud. Donc il fit 10 fois plus de progrès que s'il avait été indifférent à la plus moche des rates.
Un mois plus tard, son jeu de jambes était au point. Il réattaqua Schnoque qui, cette fois-ci, fut perdant.
Mekih Voualah devint chef. Mais que faire quand on est chef?

- Mara, veux-tu être ma conseillère?
- Ah non, dit sa bien-aimée, tu as un instinct, ce n'est pas pour rien!
- Epouse-moi alors, dit Mekih, à la fois sincère et rusé, espérant que Mara prenne le pouvoir.

Mara accepta, contre toute attente.
Mais elle se soumit complètement à son mari, ne prenant aucune décision.
Mekih, qui n'avait pas l'instinct d'un chef, fut bien vite battu par Couteh Léfon, un rat très musclé de 30 ans.
Ainsi, Mekih Voualah resta chef un jour, mais trouva l'amour.

# Posté le samedi 06 mai 2006 13:33

Modifié le samedi 06 mai 2006 13:46

La veuve enchantée

La veuve enchantée
Elle a tué son mari, il la faisait chier. Elle lui a fait bouffer des digitales, lui faisant croire que c'étaient des capucines.
Enchantée, elle s'est mise à coucher avec tous les mecs qui lui paraissaient bien au pieu, elle avait un bon instinct pour ça.
Elle ne tombait jamais amoureuse, pour elle ces hommes étaient des objets tout simplement.
Elle tomba un jour sur un vieux beau qui devait être un bon coup selon son instinct.
Mais il ne voulut pas d'elle. Elle n'avait pas l'habitude, séduire était pour elle un jeu facile tellement elle était belle. D'ailleurs elle s'appelait Kristalle.
Kristalle était rusée, mais bête. Donc elle ne pouvait pas séduire le vieux beau par son intellect, son esprit.
Le vieux beau était veuf, lui aussi, mais il restait inconsolable de la disparition de sa femme.
Kristalle le savait, mais elle le VOULAIT cet homme. Alors elle décida de jouer les mères, elle qui n'avait jamais voulu d'enfant (ça déforme le corps).

- Cyprien, j'ai fait une salade de capucines pour vous, la voici.

Le vieux beau la remercia. Non, ce n'étaient pas des digitales.
Le lendemain, elle lui apporta un cake aux piments, le surlendemain un rôti de dindon.
Mais rien dans les yeux du vieux beau ne laissait transparaître une seule lueur d'admiration ou de désir bestial.
Kristalle commençait à désespérer. Elle teint ses cheveux blonds en noir, perdit 10 kilos, mit des lentilles bleues sur ses yeux.
Puis elle retourna chez le vieux beau avec une macédoine de viande.

- Comme vous avez changé! s'exclama le vieux beau. Sans doute votre deuil? Vous avez maigri, il faut vous soigner au lieu de vous occuper de moi... Que puis-je faire pour vous consoler?

Aïe, erreur fatale! La porte était ouverte aux caprices de Kristalle...
Elle se força à pleurer et dit :

- La seule chose qui me console est de m'occuper de vous...
- Mais pourquoi moi? Il y a les orphelins de la ville, les sans-abri, etc...
- Je ne sais pas, je sens que vous en avez davantage besoin... votre tristesse...

Une larme roula sur la joue du vieux beau.

- Que vous êtes bonne! dit-il.
- Si vous avez envie d'en parler...
- Oh, Natacha était merveilleuse à tous points de vue, vous savez...
- A tous points de vue? demanda perfidement Kristalle.
- Mais elle avait ses petits travers, mais même eux, je les aimais... Comme vous chez votre mari certainement...

Kristalle se retint de rire...

- Mon mari était autoritaire, dit-elle.
- Natacha aussi, mais cela va de pair avec protection, n'est-ce pas?
- Il n'est pas bon d'être surprotégé, on devient dépendant ou on plie l'échine...

Cyprien prit un temps de réflexion, avant de dire :

- C'est vrai, j'en étais dépendant...
- Et vous l'êtes encore, ajouta Kristalle, impitoyable. L'indépendance, c'est comme arrêter de fumer... ou de boire...

Cyprien réfléchit encore. Ces comparaisons n'étaient pas très romantiques. Mais... vraies. Il se mit à pleurer de chagrin et de honte.
Kristalle en profita (bien sûr) pour l'enlacer vigoureusement puisqu'il était un homme soumis. Cyprien se laissa faire comme un bébé.
Kristalle se croyait victorieuse.
Les jours qui suivirent, elle continua à lui apporter des plats : têtes de grenouille, joues de lapin, carottes au miel, patates au saindoux, ...
Mais Cyprien était rarement chez lui; elle laissait alors les plats devant sa porte.
Un beau soir, elle se rendit chez lui pour "discuter", mais elle vit deux ombres à travers la fenêtre. Cyprien était avec une femme.
Kristalle colla son oreille à la serrure. Elle pouvait les entendre très clairement.

- Fais-moi donc à manger, Cécile, disait Cyprien.
- Oui, tout de suite... répondit la femme.

Puis ils dînèrent.
Cyprien parlait à la jeune femme comme un père autoritaire : "Couvre-toi donc, les nuits sont fraîches par ici..."
A la fin du repas, la jeune femme débarrassa la table, fit la vaisselle et mit tout en ordre.

- Allez, viens, on monte, je te veux!

Le lendemain, Kristalle apporta à Cyprien un pot de confiture de digitales.

# Posté le samedi 06 mai 2006 12:43

Modifié le samedi 10 février 2007 20:35